Bruxelles, 8 mars 2025 : Une mobilisation mondiale pour les droits des femmes et contre les violences

 En ce 8 mars 2025, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Bruxelles a été le théâtre d’une mobilisation massive. Des milliers de manifestantes et manifestants se sont réunis au Mont des Arts pour dénoncer les inégalités persistantes, les injustices et toutes formes de violences faites aux femmes.


Un rassemblement international contre la violence et l’injustice.

Dans une atmosphère vibrante, rythmée par les tambours, les fanfares et les mégaphones, les participantes ont exprimé leur ras-le-bol face à l’augmentation des violences contre les femmes en Europe et dans le monde. En 2024, l’ONU Femmes a révélé qu’une femme sur trois subit des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. Rien qu’en Europe, plus de 50 % des femmes déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail ou dans l’espace public, un chiffre qui met en évidence l’urgence de renforcer les politiques de protection et de prévention.


Les femmes congolaises d’Europe en première ligne avec Genocost et Free Congo.

Parmi les nombreux collectifs présents, les femmes congolaises de Belgique, de France, des Pays-Bas et d’autres pays européens ont marqué cette mobilisation par leur engagement. Réunies sous la bannière des collectifs Genocost et Free Congo, elles ont dénoncé les atrocités subies par les femmes en République démocratique du Congo (RDC), notamment dans l’Est du pays, ravagé par des conflits armés depuis plus de 30 ans.



Prenant la parole au nom des collectifs Free Congo et Genocost, Brenda Odimba, ingénieure belge et militante des droits humains, a appelé le monde à se mobiliser pour la reconnaissance des crimes commis contre les populations congolaises. Elle a souligné que, depuis trois décennies, le viol est utilisé comme arme de guerre en RDC, et que la communauté internationale ne peut plus rester silencieuse face à cette tragédie humanitaire.



Les violences sexuelles en RDC sont utilisées comme armes de guerre, et les chiffres sont alarmants : selon Human Rights Watch, plus de 50 000 femmes ont été victimes de viols entre 2010 et 2020. L’ONU estime que près de 1 000 femmes sont violées chaque mois dans l’Est du pays.

Le collectif Genocost, qui lutte pour la reconnaissance des crimes commis contre les populations congolaises et l’exploitation illégale des ressources naturelles, a rappelé que les violences faites aux femmes en RDC sont directement liées aux conflits économiques et géopolitiques autour du coltan et d’autres minerais stratégiques. Les manifestantes ont exigé des actions concrètes de la communauté internationale pour mettre fin à l’impunité des responsables et aux complicités économiques qui alimentent ces violences.

Des inégalités salariales qui persistent en Europe.

Outre la question des violences, la manifestation a aussi mis en lumière un autre problème majeur : les disparités salariales entre les hommes et les femmes. Malgré les lois et engagements en faveur de l’égalité, les chiffres restent préoccupants :

  • En moyenne, en Europe, les femmes gagnent 13 % de moins que les hommes à compétences égales, selon Eurostat (2024).

  • En Belgique, l’écart salarial atteint 9,2 %, en France 15,4 %, et aux Pays-Bas 14,2 %.

  • Dans certains secteurs comme la finance ou la technologie, l’écart peut atteindre 20 % voire plus.

  • À ce rythme, selon une étude du Forum économique mondial, il faudrait plus de 132 ans pour atteindre une égalité salariale totale à l’échelle mondiale.

Les manifestantes ont ainsi exigé des mesures concrètes pour mettre fin à ces injustices, notamment des lois plus strictes sur la transparence des salaires, des sanctions contre les entreprises discriminantes et des politiques favorisant la promotion des femmes dans les postes de direction.

Un message fort : Stop aux violences et aux inégalités

Comme un seul homme à plusieurs voix, Bruxelles a résonné d’un message clair : stop à la violence, stop aux discriminations, stop aux inégalités salariales.

Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement mondial : à Paris, Londres, Madrid, Kinshasa et New York, des centaines de milliers de personnes ont manifesté en ce 8 mars 2025 pour rappeler que la lutte pour l’égalité des droits des femmes est encore loin d’être gagnée.

Mais en cette journée de solidarité et de combat, une certitude demeure : la voix des femmes ne sera plus jamais ignorée.

Boly Mpany Mpongo

Eco-Réalisateur - Producteur, Photographe péri-urbain

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