À Delcat Idengo
À Delcat Idengo, Soldat du Peuple
Cher Soldat de la liberté,
Delcat Idengo,
Chantre de paix,
Homme du peuple,
Voix levée dans l’Art 60 de la mère loi,
Tu t’es dressé,
Et ta parole a fait trembler les cœurs voilés
De ceux qui, derrière leurs uniformes,
Nous jouaient les messies,
Pauvres de vérité, riches en peur.
Jeté dans la pénombre par l’injustice,
Tu entendais crépiter les armes,
Comme une étrange symphonie,
Un chant confus,
Mais que certains appelaient hymne,
Celui d’un pays béni,
Donné par Dieu,
Prêt à célébrer — disaient-ils — sa liberté.
Mais toi, tu as douté.
Ce chant sonnait faux.
Il ne portait pas la promesse
De peupler à nouveau le sol de nos aïeux,
Il trahissait l’âme du Congo,
Déformait le rêve
De l’unité dans l’effort,
De l’indépendance véritable.
Un instant, tu t’es cru dans un rêve,
Peut-être même à l’aube d’un mariage,
Celui d’un peuple avec sa terre,
Avec son histoire.
Mais l’hymne que tu entendais
N’était pas celui que nos mères nous ont appris.
Il venait des bouches sèches
Des enfants dépossédés,
Assoiffés non de justice mais de vengeance,
Des enfants de la maigre voisine,
Dont la misère criait plus fort que l’honneur.
Et pourtant, tu t’es levé.
Pour ton peuple.
Pour la vérité.
Pour l’espoir d’un hymne sincère.
Aujourd’hui, notre mère Beni
T’accueille dans son étreinte,
Et ton combat rejoint les rivières de sang
Qui irriguent la mémoire du peuple.
Soldat du peuple,
Nous nous tenons debout,
Cœurs blessés,
Fronts levés,
Et nous te saluons
En ce dix mille neuf cent cinquantième jour,
Où neuf cent treize d'entre nous sont tombés, à chaque vêpre,
Nous te saluons avec le serment de Munkedi :
"Le peuple gagne toujours."
Nous entonnons, non l’hymne travesti,
Mais le chant sacré de la solidarité.
Celui qui promet,
Sans peur ni oubli,
De réclamer,
Un jour ou l’autre,
Le prix de ton sang.
Boly Mpany Mpongo
Eco-Réalisateur, producteur photographe péri-urbain
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